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Les stades de développement des graminées fourragères : bien les reconnaître pour optimiser l’exploitation de ses prairies !
26/03/2009
Les unités fourragères, tout comme la matière azotée produite par une prairie, augmentent de la sortie hiver jusqu'au début épiaison, et décroissent fortement par la suite. C'est pourquoi l'observation de la pousse de l'herbe et la détermination des stades physiologiques des graminées fourragères figurent parmi les éléments à prendre en compte si l'éleveur veut tirer le meilleur partie de ses prairies.
En sortie d'hiver, la prairie ne se réveille de sa dormance hivernale qu'à la condition d'avoir reçu une somme de températures cumulées équivalente à 200-
La valeur alimentaire de l'herbe évoluera pendant la montée des épis dans les gaines des graminées. Que ce soit sur les plans énergétique et protéique ou en matière d'encombrement !
Cinq stades à connaître
Cinq stades de développement des graminées fourragères servent de références à l'estimation de leur valeur alimentaire, des dates et modes de récolte possibles. Il s'agit successivement des stades « départ en végétation », « épi à
Il faut prendre en compte ces différents stades pour optimiser la qualité de son herbe en fonction de ses différentes utilisations (fauche, ensilage, pâturage...)
C'est au « départ en végétation » que la valeur de l'herbe utilisable est maximale, car elle est constituée en très grande partie de feuilles jeunes et la prairie produit suffisamment pour être pâturée. Pour une variété identique de graminée présente et dans une même région, ce premier stade peut cependant varier d'une année sur l'autre en fonction de la climatologie en sortie d'hiver.
Après le stade « épi à
Le stade « début épiaison » varie en fonction de la précocité de l'espèce, le photopériodisme (longueur du jour). Les températures peuvent légèrement influer sur l'accomplissement du stade.
La date de réalisation du stade « début épiaison » est donc stable d'une année sur l'autre dans la mesure où pour une variété donnée c'est essentiellement la longueur des jours qui initie ce stade. Cette particularité permet facilement d'anticiper les dates de chantier de fanage (voir encart 2 -tableau-). Ce stade, est un stade clé particulièrement important à connaître.
Le stade d'épiaison est un stade butoir pour l'exploitation. Au-delà de ce stade la qualité de l'herbe décroît très rapidement.
Stade de développement et exploitation des prairies
Pour exploiter au mieux l'herbe de sa prairie, l'éleveur a tout intérêt à la faire pâturer avant le stade « début épiaison ». Dès que ce stade est dépassé mieux vaut envisager une fauche.
Pour la conservation par voie humide (ensilage ou enrubannage), il est nécessaire que la plante soit encore suffisamment riche en sucres pour permettre une bonne conservation. L'optimum se situant au stade « début épiaison ».
Pour une exploitation en foin, l'éleveur trouvera son optimum (qualité et rendement) après le stade début épiaison et avant le stade « épiaison », au-delà la qualité du fourrage se dégrade très rapidement. Attention aux fauches tardives, si le stade début floraison est atteint, la repousse de l'herbe sera plus lente à assurer.
Les sélectionneurs de plantes fourragères ont depuis longtemps travaillé sur de nombreux critères comme celui de la souplesse d'exploitation exprimée en un nombre de jours séparant le stade départ en végétation du stade début épiaison. Plus la variété a une grande souplesse d'exploitation, plus il y a de temps disponible pour organiser le calendrier de pâturage et conserver le fourrage avant l'apparition des premiers épis. C'est pourquoi, au moment de choisir son espèce et sa variété, il faut prendre en compte les critères de démarrage ainsi que la date d'épiaison puis observer attentivement les réalisations des stades avant de décider de faucher ou de faire pâturer sa prairie.
Les stades repères de développement des graminées
- Le départ en végétation
o La végétation de la prairie atteint
o Il faut faire la moyenne de dix mesures de hauteur d'herbe, feuilles relevées, à plusieurs jours d'intervalle. Le stade est atteint quand la moyenne des mesures est égale à
- L'Epi à
o La moitié des épis est située à une hauteur de
o Sur des touffes d'herbe prises au hasard, prélever au moins 20 tiges parmi les plus développées. Fendre les gaines en deux. Mesurer la distance entre la première racine et la base de l'épi.
o Le stade épi à
- Le début épiaison
o Les premiers épis apparaissent hors de la gaine. L'appréciation est visuelle et simple. La détermination de ce stade nécessite une observation régulière de la végétation. Le stade début épiaison est atteint lorsqu'apparaissent hors de la gaine :
o 10 épis sur un mètre linéaire ou 50 épis sur un m².
- Le stade épiaison
o La moitié des épis font leur apparition hors de la gaine.
o La détermination de ce stade nécessite une observation minutieuse et régulière de la végétation. Il est atteint lorsqu'apparaissent hors de la gaine :
o 50 épis sur un mètre linéaire ou 250 épis au m².
- Le stade floraison
o Ce stade est atteint dès que des épis ont leurs étamines sorties. Ce stade est fugace.
groupesprecocite 2009.pdf

Les stades de développement des graminées fourragères : bien les reconnaître pour optimiser l’exploitation de ses prairies !
26/03/2009
Les unités fourragères, tout comme la matière azotée produite par une prairie, augmentent de la sortie hiver jusqu'au début épiaison, et décroissent fortement par la suite. C'est pourquoi l'observation de la pousse de l'herbe et la détermination des stades physiologiques des graminées fourragères figurent parmi les éléments à prendre en compte si l'éleveur veut tirer le meilleur partie de ses prairies.
En sortie d'hiver, la prairie ne se réveille de sa dormance hivernale qu'à la condition d'avoir reçu une somme de températures cumulées équivalente à 200-
La valeur alimentaire de l'herbe évoluera pendant la montée des épis dans les gaines des graminées. Que ce soit sur les plans énergétique et protéique ou en matière d'encombrement !
Cinq stades à connaître
Cinq stades de développement des graminées fourragères servent de références à l'estimation de leur valeur alimentaire, des dates et modes de récolte possibles. Il s'agit successivement des stades « départ en végétation », « épi à
Il faut prendre en compte ces différents stades pour optimiser la qualité de son herbe en fonction de ses différentes utilisations (fauche, ensilage, pâturage...)
C'est au « départ en végétation » que la valeur de l'herbe utilisable est maximale, car elle est constituée en très grande partie de feuilles jeunes et la prairie produit suffisamment pour être pâturée. Pour une variété identique de graminée présente et dans une même région, ce premier stade peut cependant varier d'une année sur l'autre en fonction de la climatologie en sortie d'hiver.
Après le stade « épi à
Le stade « début épiaison » varie en fonction de la précocité de l'espèce, le photopériodisme (longueur du jour). Les températures peuvent légèrement influer sur l'accomplissement du stade.
La date de réalisation du stade « début épiaison » est donc stable d'une année sur l'autre dans la mesure où pour une variété donnée c'est essentiellement la longueur des jours qui initie ce stade. Cette particularité permet facilement d'anticiper les dates de chantier de fanage (voir encart 2 -tableau-). Ce stade, est un stade clé particulièrement important à connaître.
Le stade d'épiaison est un stade butoir pour l'exploitation. Au-delà de ce stade la qualité de l'herbe décroît très rapidement.
Stade de développement et exploitation des prairies
Pour exploiter au mieux l'herbe de sa prairie, l'éleveur a tout intérêt à la faire pâturer avant le stade « début épiaison ». Dès que ce stade est dépassé mieux vaut envisager une fauche.
Pour la conservation par voie humide (ensilage ou enrubannage), il est nécessaire que la plante soit encore suffisamment riche en sucres pour permettre une bonne conservation. L'optimum se situant au stade « début épiaison ».
Pour une exploitation en foin, l'éleveur trouvera son optimum (qualité et rendement) après le stade début épiaison et avant le stade « épiaison », au-delà la qualité du fourrage se dégrade très rapidement. Attention aux fauches tardives, si le stade début floraison est atteint, la repousse de l'herbe sera plus lente à assurer.
Les sélectionneurs de plantes fourragères ont depuis longtemps travaillé sur de nombreux critères comme celui de la souplesse d'exploitation exprimée en un nombre de jours séparant le stade départ en végétation du stade début épiaison. Plus la variété a une grande souplesse d'exploitation, plus il y a de temps disponible pour organiser le calendrier de pâturage et conserver le fourrage avant l'apparition des premiers épis. C'est pourquoi, au moment de choisir son espèce et sa variété, il faut prendre en compte les critères de démarrage ainsi que la date d'épiaison puis observer attentivement les réalisations des stades avant de décider de faucher ou de faire pâturer sa prairie.
Les stades repères de développement des graminées
- Le départ en végétation
o La végétation de la prairie atteint
o Il faut faire la moyenne de dix mesures de hauteur d'herbe, feuilles relevées, à plusieurs jours d'intervalle. Le stade est atteint quand la moyenne des mesures est égale à
- L'Epi à
o La moitié des épis est située à une hauteur de
o Sur des touffes d'herbe prises au hasard, prélever au moins 20 tiges parmi les plus développées. Fendre les gaines en deux. Mesurer la distance entre la première racine et la base de l'épi.
o Le stade épi à
- Le début épiaison
o Les premiers épis apparaissent hors de la gaine. L'appréciation est visuelle et simple. La détermination de ce stade nécessite une observation régulière de la végétation. Le stade début épiaison est atteint lorsqu'apparaissent hors de la gaine :
o 10 épis sur un mètre linéaire ou 50 épis sur un m².
- Le stade épiaison
o La moitié des épis font leur apparition hors de la gaine.
o La détermination de ce stade nécessite une observation minutieuse et régulière de la végétation. Il est atteint lorsqu'apparaissent hors de la gaine :
o 50 épis sur un mètre linéaire ou 250 épis au m².
- Le stade floraison
o Ce stade est atteint dès que des épis ont leurs étamines sorties. Ce stade est fugace.
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Valoriser les surfaces en prairies passe plus que jamais par des variétés fourragères de qualité
05/03/2009
Avec le coût des engrais qui a monté en flèche, mieux vaut ne pas lésiner sur l'utilisation des nouvelles variétés de légumineuses ou de graminées fourragères. Elles garantiront une valorisation maximale des prairies tout au long de l'année.
Un machinisme agricole en pleine euphorie, une explosion des ventes mondiales d'engrais... C'était tout juste voici quelques mois ! Puis, il y eut la crise, une crise mondiale qui secoue actuellement fortement la planète tout entière et provoque des remises en cause profondes. Le modèle agricole européen en général et français en particulier n'y échappe pas. Les analystes nous prédisent aujourd'hui « des niveaux de prix agricoles en moyenne nettement supérieurs à ceux de la décennie précédente mais tablent sur des cours fortement marqués par de fortes volatilités ».
Avec la crise, le prix des engrais baissera-t-il pour autant ? Il y a fort peu de chance. « Le prix des engrais azotés a été multiplié par deux ou trois en l'espace de deux ans provoquant des comportements d'achats très variables d'un agriculteur à l'autre », fait observer Michel Deraedt, ingénieur au Bureau technique de la promotion laitière (Btpl).
De quoi faire réfléchir les éleveurs au moment de l'implantation ou de la rénovation de leurs prairies. « La nouvelle PAC de 2013 pourrait inciter certains producteurs à implanter des prairies temporaires sur des parcelles cultivées habituellement en céréales pour faire quelques économies en engrais », explique-t-il. Dans l'hypothèse où le cours des céréales n'est pas trop élevé.
Gérer ses fumures autrement ?
Le renchérissement du prix des engrais pousse à de nouveaux comportements : mieux répartir les composts, fumiers et lisiers et les épandre sur de plus grandes surfaces. Pas de révolution dans les assolements cependant, car mieux vaut attendre de voir si les tendances se confirment, certains commencent néanmoins à réfléchir !
Les semis de légumineuses, en association avec les graminées fourragères qui permettent de limiter les besoins de fertilisation, sont de plus en plus pratiqués. « Les éleveurs vont jusqu'à remettre parfois en cause l'ensilage pour se diriger vers plus de foin ou d'enrubannage, des techniques moins consommatrices en engrais chimiques », fait remarquer Michel Deraedt.
« Si l'on veut tirer le maximum de potentiel de sa prairie, il convient donc de gérer ses fumures : si les apports d'azote ne peuvent être modifiés qu'avec beaucoup de prudence, les fertilisations phospho-potassiques peuvent être réfléchies en parallèle des épandages de lisiers ou de composts », poursuit-il.
« Les éleveurs réservaient souvent jusqu'à présent de tels épandages à des cultures comme le maïs, mais aujourd'hui ils sont de plus en plus nombreux à mieux répartir les déjections des animaux voire des composts qu'ils achètent à l'extérieur sur les différentes parcelles de leur exploitation », poursuit-il.
Une vraie rentabilité des surfaces en herbe
Le contexte actuel milite en faveur de ces nouveaux comportements. « On valorisera d'autant mieux le progrès génétique des fourragères et des légumineuses de la prairie que l'on saura exploiter au mieux leur fertilisation, surtout si l'éleveur veut une production maximale d'herbe et le plus longtemps possible tout au long de l'année », poursuit Michel Deraedt. Une productivité accrue à l'hectare, c'est aussi une diminution du prix de la tonne de matières récoltée !
« La fertilisation dépend bien sûr de l'utilisation de l'herbe : un ensilage exigera une pousse précoce de l'herbe et donc une fertilisation azotée dès le démarrage de l'herbe. Par contre, pour une utilisation en foin ou en pâturage, on a plus de chance de se passer d'engrais chimique parce que les récoltes sont plus tardives et souvent moins exigeantes. Une bonne minéralisation d'un épandage peut souvent suffire », souligne Michel Deraedt.
Cette valorisation optimale des surfaces en herbe permet, outre la diminution des coûts d'alimentation, une production supérieure de lait. On estime à 30 €/ha/an l'investissement « semences » dans une prairie de 5 ans. Par exemple, une production de 8 tonnes de matière sèche par hectare et par an permettra une production laitière de
Chaque année, les éleveurs ont à leur disposition une trentaine de nouvelles variétés de fourragères. Ils ont le choix entre plus de 15 espèces et plus de 560 variétés inscrites au catalogue français (dont 400 de graminées et 160 de légumineuses). De meilleure valeur alimentaire, plus facile à exploiter, moins sensibles aux maladies, les nouvelles variétés permettent une vraie rentabilité des surfaces en herbe et une meilleure valorisation des apports azotés, qu'ils soient minéraux ou organiques, pour quelques euros de plus d'investissement semences par hectare et par an.
Augmenter la productivité de ses prairies
Le moment est peut-être venu d'augmenter la productivité de ses prairies, d'allonger leur période d'utilisation et de mieux valoriser les surfaces.
Augmenter la productivité des surfaces herbagères, c'est avant toute chose diminuer les achats extérieurs. Augmenter la productivité de ses surfaces, c'est aussi faire baisser le prix de revient des unités fourragères disponibles en faisant moins appel aux productions complémentaires.

Récolte d'une parcelle de sélection : mesure du rendement et échantillonnage pour analyse qualité
Prairies, ray-grass anglais : De plus en plus de variétés pour répondre à vos besoins spécifiques
05/09/2008
Bien choisir sa variété de ray-grass anglais est primordial si l'on veut bénéficier pleinement des progrès de la sélection variétale. Grâce à l'importance des investissements de recherche, les sélectionneurs inscrivent chaque année en France une quinzaine de nouvelles variétés de ray-grass anglais. Ces nouvelles variétés permettent aux éleveurs de mieux s'adapter au nouveau contexte économique, de faire face à l'apparition de nouvelles maladies grâce à des résistances plus importantes.
Pour créer ces nouvelles variétés, les sélectionneurs s'appuient sur la prospection de nouveaux écotypes qui permettent d'isoler des ressources génétiques jusqu'alors inconnues. Les obtenteurs français réunis dans l'ACVF (1) travaillent notamment avec l'INRA de Lusignan (Poitiers) sur des critères de sélection comme la diminution de la remontaison à épis ou la résistance aux maladies (rouille notamment). (2)
Ils développent par ailleurs des méthodes modernes de recherche comme le marquage moléculaire ou le calibrage infrarouge. Le marquage moléculaire permet d'apprécier la diversité génétique des variétés des différentes populations beaucoup plus rapidement que ne le permettaient les anciennes méthodes. Quant au calibrage infrarouge, il permet d'apprécier la digestibilité des variétés en se passant des traditionnelles analyses chimiques souvent fort longues.
Pour améliorer la valeur alimentaire du ray-grass anglais, les sélectionneurs ont diminué la production d'épis. En effet, les plantes remontant à épis après la première coupe de printemps possèdent une moins bonne valeur alimentaire que des plantes feuillues.
Autre voie de recherche : l'amélioration de la production d'herbe tout au long de la campagne. Il est en effet encore possible d'améliorer la résistance des variétés de ray-grass anglais au stress hydrique estival. Un ray-grass anglais stoppe sa croissance au dessus d'une température de 25°C : les chercheurs espèrent bien trouver de nouvelles variétés adaptées à des températures plus chaudes en réalisant des croisements avec des écotypes d'Europe Continentale !
La qualité d'un fourrage se détermine à la fois sur la quantité et la qualité du fourrage ingéré par l'animal. Au pâturage, la quantité d'herbe ingérée par un animal est le principal facteur limitant de la production de lait ou de viande. Il est donc important de lui faciliter sa prise de nourriture en lui permettant d'ingérer un maximum d'herbe à chaque bouchée. Les sélectionneurs travaillent également dans cette voie en recherchant des variétés beaucoup plus préhensibles par l'animal. Car une plante à longue feuille facilitera d'autant la préhension de l'herbe par la langue de l'animal et lui permettra donc d'ingérer plus d'herbe au moment du pâturage. Ses besoins alimentaires seront donc ainsi beaucoup mieux couverts !

Association graminées et trèfle blanc : « Il faut combiner concurrence entre plantes et agressivité du trèfle blanc »
27/08/2008
C'est le moment de prévoir l'implantation des prairies. En permettant d'économiser de l'azote, l'utilisation de légumineuses dans les mélanges fourragers offre une solution intéressante. Si les associations trèfle blanc - graminées possèdent leurs avantages, elles ont également leurs contraintes, car maintenir du trèfle blanc dans une prairie nécessite l'utilisation de variétés adaptées au mode d'exploitation et au milieu.Rencontre avec Alain Besnard, ingénieur à la station ARVALIS-Institut du Végétal de La Jaillière (Loire-Atlantique), et membre du CTPS(1).
Quel est l'intérêt du trèfle blanc en association avec des graminées ?
C'est André Pochon, un agriculteur des Côtes-d'Armor, qui a relancé l'intérêt des prairies de graminées associées au trèfle blanc en 1981. Cette association permettait d'améliorer la productivité des prairies ainsi que la qualité du fourrage. Comparé au trèfle violet ou à la luzerne, tous deux mieux adaptées à la fauche, les qualités fourragères du trèfle blanc incitent à l'utiliser en pâturage, même si sa proportion dans la prairie varie au fil des saisons. Cette variation est parfois difficile à maîtriser et à prévoir. L'objectif de l'association vise néanmoins à obtenir une proportion de trèfle blanc allant de 30 à 50 %, ce qui permet généralement d'économiser 100 à 200 unités d'azote minéral à l'hectare. Cet objectif permet outre d'assurer un rendement suffisant, de limiter les risques de météorisation et d'éviter des fuites de nitrates importantes.
Quelle est la graminée la plus généralement associée avec le trèfle blanc et quelles sont les prescriptions à respecter en matière de semis et d'implantation de la prairie ?
Mieux vaut au préalable implanter sa prairie sur une parcelle propre, car il n'existe que peu de traitements qui permettent de supprimer les adventices une fois les plantules développées. En général, on associe le trèfle blanc avec du ray-grass anglais, car c'est la graminée que les animaux pâturent le plus facilement. Dans les parcelles pâturées et fauchées et donc plus sèchantes, les associations RGA-fétuque ou dactyle et trèfle blanc peuvent donner de bons résultats, car elles sont plus adaptées à la fauche avec une vitesse de séchage supérieure.
En sols humides, les associations avec la fétuque élevée, plus résistante au piétinement, permettent de rallonger la saison de pâturage en sortie d'hiver et en automne.
En matière de semis, la règle consiste à respecter la dose de semences de graminées préconisée à l'hectare (environ 25 kg dans le cas du ray-grass anglais) et en y ajoutant environ 3 kg de trèfle blanc. C'est un ordre de grandeur qu'il s'agit d'affiner en fonction des milieux d'implantation. Au moment du semis, l'éleveur doit également veiller à bien homogénéiser son mélange de graines dans le semoir pour faciliter des conditions optimales de semis.
Quels sont les critères de choix des différentes variétés de trèfle blanc ?
La plupart des préconisations s'appuient sur des travaux réalisés par l'EDE du Finistère et la Chambre d'Agriculture de Loire-Atlantique qui ont croisé les différentes variétés de trèfle blanc avec des ray-grass anglais tardifs à très tardifs. Ils ont ainsi comparé différentes associations avec des variétés de trèfle blanc plus ou moins « agressives ». Les trèfles blancs les plus agressifs sont, en règle générale, des trèfles possédant de nombreux stolons mais de longueur limitée. Avec des variétés très « agressives », la légumineuse prend une place importante dans la prairie.
Les ingénieurs ont également mis en évidence que « la force de concurrence » des ray-grass anglais réagissait en fonction de leur ploïdie et de leur précocité. Précisément, les RGA les plus résistants sont des RGA diploïdes et tétraploïdes tardifs tandis que les RGA diploïdes et tétraploïdes très tardifs sont beaucoup moins résistants à l'envahissement du trèfle blanc.
Mieux vaut donc associer des variétés de trèfle blanc agressives à des RGA moins tardifs (diploïdes ou tétraploïdes) et des variétés de trèfle blanc moins agressives à des RGA très tardifs (diploïdes ou tétraploïdes).
(1) Comité technique permanent de la sélection.
Avec le sursemis, prolongez la durée de vie de votre pâture !
Semer du trèfle blanc dans une prairie de longue durée « présentant un bon fond de graminées » sans la détruire, ni sans la retourner : c'est possible ! Avec la technique du sursemis, l'opération est tout à fait envisageable, à condition toutefois de respecter certaines règles d'implantation.
Le sursemis de trèfle blanc dans une prairie ensemencée d'un mélange initial de trèfle blanc et de graminées et dans laquelle la légumineuse a quasiment disparu, permet souvent d'en prolonger la durée de vie et de pourvoir à son alimentation azotée. La technique du sursemis offre de multiples avantages.
Le sursemis de trèfle blanc permet tout d'abord d'éviter le retournement de sa prairie. Deux fois moins coûteuse qu'un ressemis complet avec labour, le sursemis limite également la libération de l'azote accumulé sous la prairie ainsi que les pertes d'azote nitrique. En outre, il réduit considérablement la période de non-production de la parcelle tout en conservant une bonne portance du sol.
Mais pour obtenir de bons résultats, il convient de respecter certaines règles, notamment en matière d'itinéraire technique, car le sursemis est une technique d'implantation lente, contrairement au semis classique après labour. Il faut, en effet, attendre plus d'un an pour observer une présence significative de trèfle blanc. Il est préférable de choisir des variétés « agressives » que l'on implantera à des doses de 4 à 6 kg/ha, soit environ 1000 graines au m². Après le semis, mieux vaut rappuyer les graines par un passage d'animaux ou par celui d'un matériel adapté (type cultipacker).
Le succès du sursemis passe également par un bon niveau d'ouverture du couvert végétal et de l'importance du sol nu permettant la germination de la graine (avec un griffage énergique à l'aide d'une herse à dents rigides), des conditions climatiques au moment de la croissance du trèfle blanc et de la conduite de la prairie après le sursemis.
Le milieu d'implantation doit être également favorable : pas d'excès d'eau et des sols normalement pourvus en phosphore et en potasse conviennent au trèfle blanc. Mieux vaut enfin réaliser un pâturage très ras, voire même faucher les refus avant un sursemis. Enfin, lors de la première année d'exploitation, il est impératif de ne pas apporter d'azote minéral afin de ne pas favoriser la graminée au dépend du trèfle blanc.

Les légumineuses font leur grand retour
20/08/2008
Sécurité fourragère, plus grande autonomie en protéines et donc économie en tourteaux, meilleure appétence et fibrosité des rations, correcteurs en minéraux oligo-éléments et bétacarotène, effets bénéfiques sur la santé des animaux et leur reproduction...les légumineuses retrouvent de plus en plus d'intérêt aux yeux des éleveurs.
La flambée des cours des matières premières et notamment du tourteau de soja (1), comme celle des prix de l'énergie et des engrais plaident aujourd'hui pour leur développement. Au moment où le Centre interprofessionnel des viandes met en avant l'importance de l'herbe dans l'élevage bovin français et où le ministre de l'Agriculture défend le « soutien économique à l'herbe inscrit dans le premier pilier de la Pac », le moment est donc venu de relancer la production fourragère à partir de légumineuses.
Si hier, les aides constituaient un élément déterminant de ce raisonnement, l'importance et l'impact des aides pèsent aujourd'hui beaucoup moins dans la balance au moment de décider des assolements...
Les critères techniques et économiques reviennent donc au premier plan, si l'on vise avant tout à diminuer le coût de production du litre de lait ou du kilo de viande. Les légumineuses peuvent apporter des solutions variées suivant les contextes pédoclimatiques des régions, que ce soit en matière d'environnement ou de qualité et de traçabilité des animaux. L'implantation de ces nouvelles cultures fournira par ailleurs d'excellentes têtes de rotation tout en apportant sécurité, économie et meilleure valorisation des protéines.
De nouveaux atouts pour les légumineuses
Sur le plan agronomique, les légumineuses offrent une grande régularité de production. C'est un atout important pour la sécurité d'un système fourrager. De plus, la répartition de production dans l'année et une forte pousse estivale peuvent être des arguments décisifs à leur implantation. Enfin, elles procurent un effet bénéfique sur la structure du sol, notamment la luzerne dont le système racinaire est puissant et laisse un reliquat d'azote important pour la culture suivante.
Même si la récolte et la conservation des légumineuses demeurent leur point faible, elles ont une production de protéines très importante : un hectare de luzerne peut fournir en effet davantage de protéines qu'un hectare de pois, de féverole ou de lupin !
Leur bilan énergétique est également plus que favorable. En effet, il faut plus de deux litres de fuel pour produire, transporter ou épandre une unité d'azote de synthèse (chiffres 2003) alors que les légumineuses utilisent simplement l'énergie solaire pour faire fonctionner leur fixation symbiotique locale. « Si l'on supprimait complètement les engrais azotés minéraux dans les exploitations d'élevage, grâce à une utilisation systématique des associations de légumineuses fourragères et à une meilleure valorisation des engrais de ferme, on pourrait économiser en France près d'un million de tonnes d'azote minéral correspondant à une économie de deux millions de tonnes de fuel », constatait A.Pflimlin de l'Institut de l'Elevage en 2003.
A chaque utilisation, son espèce
Sur le marché, il existe une large gamme d'espèces (voir tableau 1 ci-joint) qui permet à chaque éleveur d'implanter une légumineuse adaptée aux exigences et aux contraintes de son système. Le choix de l'espèce devra en tout cas se raisonner en fonction du type de sol, du mode d'exploitation et de l'époque de semis.
(1) En février 2008, la graine de soja passait pour la première fois les 500 $ la tonne, le double du prix enregistré en 2005-2006.

Le ray-grass d’Italie : Pour reconstituer ses stocks fourragers dès la sortie de l’été !
14/08/2008
Les ray-grass d'Italie sont des graminées principalement adaptées à la fenaison. D'implantation plus rapide que les ray-grass anglais, ils peuvent permettre à l'éleveur de reconstituer ses stocks fourragers très rapidement après les sécheresses de l'été.
La sécheresse de l'été pénalise souvent la constitution des stocks fourragers en prévision de l'hiver. Parmi les cultures d'appoint à envisager dès la fin de l'été, l'éleveur peut choisir d'implanter un ray-grass d'Italie. Si l'éleveur ne dispose plus de stocks suffisants, il peut en effet se tourner vers cette graminée fourragère qui, non seulement lui permettra de disposer d'un fourrage avant l'hiver (pâturage ou ensilage), mais lui permettra également de débuter des pâturages très tôt au démarrage de la nouvelle saison, limitant de fait l'utilisation de ses stocks. Sous des climats océaniques, il n'est d'ailleurs pas rare de voir pousser le ray-grass d'Italie durant une partie de l'hiver.
Avec la fétuque élevée et certains bromes, le ray-grass d'Italie figure parmi les graminées qui démarrent le plus tôt en sortie d'hiver. Une précocité qui permet de sortir les animaux un mois plus tôt que sur les prairies permanentes, à condition bien entendu que le terrain s'y prête !
Des variétés alternatives et non alternatives
Il existe deux types de ray-grass d'Italie : les variétés alternatives et les variétés non alternatives. Les premières, dont la vie est plus courte (6 à 18 mois), n'ont pas besoin d'hiver pour épier. Ces variétés se prêtent particulièrement bien à une exploitation en fauche ou en ensilage l'année du semis. Il existe également un sous-type constitué de RGI de très courte durée de vie que l'on utilise quasi-exclusivement en dérobés (6 mois).
Les variétés non alternatives dont la pérennité est plus longue (18 à 24 mois) ont, quant à elles, besoin d'un hiver pour épier. Installées au printemps, elles fournissent essentiellement des feuilles jusqu'à l'entrée de l'hiver.
Des variétés diploïdes et tétraploïdes
Les sélectionneurs ont également travaillé sur la polyploïdie de ces graminées en créant des variétés tétraploïdes (présence de quatre génomes de base dans le noyau cellulaire) à partir des variétés diploïdes.
Les variétés diploïdes à feuilles et à tiges plus fines, tallent bien et conviennent aussi bien au pâturage qu'à la fauche. Par contre, les variétés tétraploïdes de ray-grass italien sont plus développées au niveau des feuilles et plus riches en eau. Mieux pâturées par le troupeau, elles sont par contre plus difficiles à ensiler ou à valoriser en foin.
Plusieurs critères permettent de choisir les variétés les mieux appropriées à chaque utilisation et à chaque région (voir tableau 1 ci-dessous) ; les ray-grass d'Italie offrent une large gamme de variétés. Cette richesse variétale permet à chacun de choisir la ou les variétés qui conviennent parfaitement à ses conditions d'exploitation.
Les sélectionneurs travaillent sur la résistance aux maladies et à l'amélioration du rendement. C'est la raison pour laquelle il existe de fortes disparités entre variétés, notamment entre variétés anciennes et variétés nouvelles. Les variétés récemment inscrites au catalogue français permettent actuellement d'obtenir plus de fourrage par une amélioration du rendement et une meilleure qualité (voir tableau 2). Ces variétés sont en effet beaucoup plus tolérantes aux maladies et permettent donc d'offrir aux animaux des plantes saines qui seront donc mieux consommées.
Implanter vos variétés en fonction de vos utilisations !
|
Epoque de semis |
Utilisation projetée |
Type de RGI |
Commentaire |
|
Fin d’été |
P automne + P printemps |
RGI non Al. Tétra. |
Feuilles jusqu’à l’hiver et montaison au printemps |
|
P automne + F printemps |
RGI non Al. Di. |
||
|
Ens. Automne + F ou Ens printemps |
RGI Al. Di. |
Montaison avant l’hiver et au printemps |
|
|
Ens. Automne + P printemps |
RGI Al. Tétra |
||
|
Printemps |
P |
RGI non Al. Di RGI non Al. Tétra |
Feuilles toutes l’année |
|
F ou Ens |
RGI Al. Di. |
Montaison rapide |
|
|
P + F ou Ens |
RGI Al. Di. RGI Al. Tétra. |
Possibilité d’alterner le mode d’exploitation |
Légende : P = pâturage Al. = alternatif
Tétra = tétraploïde Di = diploïde
F = Fauche Ens. = ensilage
pour les variétés diploïdes, prévoir une densité de semis de 15 à 20kg/ha et de 20 à 25 kg/ha pour les tétraploïdes.
Tableau 2
Rendements moyens des Ray-grass d'Italie non alternatifs diploïdes aux essais nationaux d'inscriptions
Ces données ont été recueillies dans les différents sites nationaux consacrés à l'inscription des nouvelles variétés. En moyenne des quatre dernières années, on remarque que le RGI a un potentiel, de production d'au moins 15 tonnes de matières sèches par hectare
Tableau 2 Rendements RGI CTPS.xls

Le sursemis de printemps. Rénover sa prairie sans détruire la végétation en place
27/03/2008
Le sursemis de printemps permet ainsi de régénérer une prairie en installant des espèces adaptées au milieu et de bonne valeur fourragère. Il est intéressant quand l'éleveur ne peut se passer de sa parcelle, quand une grande partie de celle-ci est dégradée ou quand il a des contraintes environnementales particulières.
Mais attention, l'opération peut s'avérer plus délicate qu'en automne ! Les conditions climatiques du printemps sont en effet plus aléatoires et l'explosion de la végétation en place peut freiner considérablement le démarrage du jeune semis.
Toutes les interventions doivent s'opérer juste au moment du réveil de la végétation en place ou plus tard au printemps après un ensilage ou un enrubannage pour obtenir une végétation rase. Suivant l'envahissement, un désherbage sélectif peut être nécessaire.
Le bon plan passe par le hersage !
Il contribue également à niveler le sol. L'éleveur peut également profiter de son hersage pour installer un distributeur automatique de produits anti-limaces : une bonne façon de rentabiliser l'heure de tracteur !
Criteres des especes pour ressemis.pdf

L’implantation d’une prairie de printemps. Mettre tous les atouts de son côté pour réussir !
23/03/2008
Dans tous les cas, il est important de bien enfouir les graines et de rappuyer le sol après semis.
Un sol fin en surface permet également d'optimiser le contact terre/graine. Une surface plane favorise, en outre, l'accès de la lumière aux premières feuilles qui émergent. Le semis se fait à une profondeur d'un centimètre environ en passant de préférence le rouleau, avant et après le semis.
Le respect d'une bonne densité de semis et une répartition homogène sur l'ensemble de la parcelle sont aussi gages d'une implantation réussie.
Pour obtenir 500 plantes au m², mieux vaut semer 1000 graines au m² ! Au-delà de cette dose, le semis sera trop dense. Il provoquera une compétition entre les plantes et aboutira à un mauvais tallage. Par contre, un semis moins dense risque de provoquer le développement des adventices.
Le semis peut se faire soit en lignes (avec un semoir à céréales), soit en semis croisé ou alors à la volée, même si cette dernière solution est parfois moins précise.
La limitation du développement des mauvaises herbes est enfin un paramètre dont il faut tenir compte dès la levée des plantules, tout comme les attaques de limaces ou autres ravageurs. Une observation détaillée des adventices permet notamment de juger de l'utilité d'une intervention éventuelle d'herbicides.
Une densité de semis à respecter
Le nombre de graines par gramme de semence varie suivant les espèces. Il peut varier dans un rapport de un à cinq. C'est ainsi qu'il y a environ 500 graines dans un gramme de ray-grass anglais diploïde, ray-grass hybride, ray-grass d'Italie, fétuque élevée, fétuque des prés ou trèfle violet diploïde. Il y en a environ 800 dans un gramme de dactyle et...2500 dans un gramme de fléole !
Pour respecter un semis de 1000 graines au m² dans le cas d'un ray-grass, il faut tabler sur un poids de
En cas d'associations et de mélanges (graminées et légumineuses par exemple), mieux vaut tenir compte pour chaque espèce du nombre de graines au gramme pour respecter l'objectif des 1000 graines au m² (cf.tableau à télécharger ci-dessous).
tableaudosedesemis.xls

A chaque utilisation, son espèce et sa variété. Avant d’implanter une prairie, mieux vaut savoir choisir ses espèces !
13/03/2008
Avec le coût des engrais qui a monté en flèche, mieux vaut ne pas lésiner sur l'utilisation des nouvelles variétés de légumineuses ou de graminées fourragères. Elles garantiront une valorisation maximale des prairies tout au long de l'année.
Un machinisme agricole en pleine euphorie, une explosion des ventes mondiales d'engrais... C'était tout juste voici quelques mois ! Puis, il y eut la crise, une crise mondiale qui secoue actuellement fortement la planète tout entière et provoque des remises en cause profondes. Le modèle agricole européen en général et français en particulier n'y échappe pas. Les analystes nous prédisent aujourd'hui « des niveaux de prix agricoles en moyenne nettement supérieurs à ceux de la décennie précédente mais tablent sur des cours fortement marqués par de fortes volatilités ».
Avec la crise, le prix des engrais baissera-t-il pour autant ? Il y a fort peu de chance. « Le prix des engrais azotés a été multiplié par deux ou trois en l'espace de deux ans provoquant des comportements d'achats très variables d'un agriculteur à l'autre », fait observer Michel Deraedt, ingénieur au Bureau technique de la promotion laitière (Btpl).
De quoi faire réfléchir les éleveurs au moment de l'implantation ou de la rénovation de leurs prairies. « La nouvelle PAC de 2013 pourrait inciter certains producteurs à implanter des prairies temporaires sur des parcelles cultivées habituellement en céréales pour faire quelques économies en engrais », explique-t-il. Dans l'hypothèse où le cours des céréales n'est pas trop élevé.
Gérer ses fumures autrement ?
Le renchérissement du prix des engrais pousse à de nouveaux comportements : mieux répartir les composts, fumiers et lisiers et les épandre sur de plus grandes surfaces. Pas de révolution dans les assolements cependant, car mieux vaut attendre de voir si les tendances se confirment, certains commencent néanmoins à réfléchir !
Les semis de légumineuses, en association avec les graminées fourragères qui permettent de limiter les besoins de fertilisation, sont de plus en plus pratiqués. « Les éleveurs vont jusqu'à remettre parfois en cause l'ensilage pour se diriger vers plus de foin ou d'enrubannage, des techniques moins consommatrices en engrais chimiques », fait remarquer Michel Deraedt.
« Si l'on veut tirer le maximum de potentiel de sa prairie, il convient donc de gérer ses fumures : si les apports d'azote ne peuvent être modifiés qu'avec beaucoup de prudence, les fertilisations phospho-potassiques peuvent être réfléchies en parallèle des épandages de lisiers ou de composts », poursuit-il.
« Les éleveurs réservaient souvent jusqu'à présent de tels épandages à des cultures comme le maïs, mais aujourd'hui ils sont de plus en plus nombreux à mieux répartir les déjections des animaux voire des composts qu'ils achètent à l'extérieur sur les différentes parcelles de leur exploitation », poursuit-il.
Une vraie rentabilité des surfaces en herbe
Le contexte actuel milite en faveur de ces nouveaux comportements. « On valorisera d'autant mieux le progrès génétique des fourragères et des légumineuses de la prairie que l'on saura exploiter au mieux leur fertilisation, surtout si l'éleveur veut une production maximale d'herbe et le plus longtemps possible tout au long de l'année », poursuit Michel Deraedt. Une productivité accrue à l'hectare, c'est aussi une diminution du prix de la tonne de matières récoltée !
« La fertilisation dépend bien sûr de l'utilisation de l'herbe : un ensilage exigera une pousse précoce de l'herbe et donc une fertilisation azotée dès le démarrage de l'herbe. Par contre, pour une utilisation en foin ou en pâturage, on a plus de chance de se passer d'engrais chimique parce que les récoltes sont plus tardives et souvent moins exigeantes. Une bonne minéralisation d'un épandage peut souvent suffire », souligne Michel Deraedt.
Cette valorisation optimale des surfaces en herbe permet, outre la diminution des coûts d'alimentation, une production supérieure de lait. On estime à 30 €/ha/an l'investissement « semences » dans une prairie de 5 ans. Par exemple, une production de 8 tonnes de matière sèche par hectare et par an permettra une production laitière de
Chaque année, les éleveurs ont à leur disposition une trentaine de nouvelles variétés de fourragères. Ils ont le choix entre plus de 15 espèces et plus de 560 variétés inscrites au catalogue français (dont 400 de graminées et 160 de légumineuses). De meilleure valeur alimentaire, plus facile à exploiter, moins sensibles aux maladies, les nouvelles variétés permettent une vraie rentabilité des surfaces en herbe et une meilleure valorisation des apports azotés, qu'ils soient minéraux ou organiques, pour quelques euros de plus d'investissement semences par hectare et par an.
Augmenter la productivité de ses prairies
Augmenter la productivité des surfaces herbagères, c'est avant toute chose diminuer les achats extérieurs.
Augmenter la productivité de ses surfaces, c'est aussi faire baisser le prix de revient des unités fourragères disponibles en faisant moins appel aux productions complémentaires.
fourragere2008communique4vf.pdf

Bientôt, la sortie d’hiver, C’est le moment d’aller apprécier la qualité de vos prairies !
11/02/2008
Une fois cette évaluation achevée, l’éleveur peut décider d’améliorer ou de rénover sa prairie. La reconnaissance de la flore permet de donner une première indication sur les possibilités et les techniques d’amélioration à utiliser (cf tableau). Cette première approche demande au préalable de définir les bonnes espèces pour la région concernée. Il pourra revoir son mode d’exploitation pour permettre une plus grande production d’herbe : se déterminer entre le pâturage ou le fauchage, modifier ses dates de récolte, sa hauteur de coupe…La correction du mode d’exploitation peut se faire par exemple par une meilleure fertilisation ou par une amélioration de la flore par désherbage sélectif par exemple. Il pourra également procéder à la rénovation de sa prairie, soit totalement (ressemis avec ou sans labour) soit partiellement par sursemis.
fourrageres_2008_communique_3bis.pdf

Sélectionneur Notant des essais de sélection de plantes fourragères
Une sélection de plantes fourragères qui répond aux besoins des éleveurs
24/01/2008
La sélection française de graminées fourragères est aujourd'hui parvenue à sa maturité. Des progrès décisifs ont été obtenus pour améliorer à la fois la qualité alimentaire, le rendement, la résistance aux maladies ainsi que la facilité d'utilisation des fourrages.
Aujourd'hui, les sélectionneurs travaillent également à une meilleure résistance aux maladies des nouvelles variétés, à une meilleure souplesse d'exploitation, à une meilleure répartition du rendement dans l'année, voire une meilleure résistance à la sécheresse comme dans le cas de la Fétuque élevée. Le travail du sélectionneur exige un long et patient travail d'observation terrain de la population des principales espèces fourragères utilisées par l'éleveur (Ray-grass anglais, Ray-grass d'Italie, Dactyle, Fétuque élevée, Luzerne, Trèfle violet et Trèfle blanc...)
C'est ce qui leur permet aujourd'hui de proposer plus de 300 variétés fourragères au catalogue. Des progrès décisifs, comme chez la fétuque élevée ou le ray-grass anglais, ont ainsi été obtenus par l'ensemble des sélectionneurs européens.
Mais entre les premières recherches et la commercialisation d'une nouvelle variété, il peut s'écouler plus de quinze années. Le fait que les plantes ne soient pas autogames, expliquent notamment un tel délai. Depuis l'an 2000, les sélectionneurs français mettent régulièrement 25 à 30 nouvelles variétés à l'inscription en France. C'est ainsi que plus de 125 nouvelles variétés ont été inscrites depuis cinq ans.
Des progrès étonnants dans la sélection du ray-grass anglais
Rencontre avec Pierre Bourdon, sélectionneur à la société Carneau
Autre dossier de l'ACVF, celui de la digestibilité des fourrages. En effet, il n'y a pas que le rendement qui puisse permettre d'évaluer la qualité d'une variété. La qualité d'un fourrage est également importante aux yeux de l'éleveur. « La mise au point d'une calibration infrarouge par l'ACVF a donc permis de mesurer la digestibilité d'un fourrage, non plus par voie chimique traditionnelle mais par des méthodes plus modernes et plus fiables », poursuit le sélectionneur.
Il y a également les recherches menées sur l'ensemble du territoire qui doivent permettre de prospecter de nouveaux écotypes de ray-grass anglais ou de fétuque rouge. Elles ont démarré depuis quinze à vingt ans et visent à maintenir la biodiversité de ces nombreuses espèces de graminées.
Les membres de l'ACVF ont également voulu mesurer le progrès génétique obtenu depuis plus de 40 ans. « C'est ainsi que pour le ray-grass anglais, nous avons implanté un essai chez tous les membres de l'ACVF. Nous avons repris d'anciennes variétés que nous comparons avec les variétés récentes. Ce réseau a été mis en place en 2006. Il s'achèvera en 2008. C'est ainsi que nous testons les variétés obtenues depuis quarante ans sur des critères comme la résistance aux maladies ou le rendement.. Nous avons pu ainsi mesurer les formidables progrès de la sélection obtenus en l'espace de 40 années ! », souligne Pierre Bourdon.
Des critères de sélection qui ont permis par exemple de mettre sur le marché des variétés plus résistantes aux rouilles. Car on constate de plus en plus la remontée des rouilles du sud vers le nord et une propagation plus importante de la rouille noire par exemple. « C'est peut-être une des conséquences du changement climatique que nous observons actuellement », précise Pierre Bourdon. Les nouvelles variétés fournissent également plus de rendements et permettent une meilleure qualité de fourrage (plantes plus feuillues) : des critères améliorés après plus de quarante années de sélection et qui répondent aux attentes des producteurs !

Pas de prairies sans herbivores, pas d'herbivores sans prairies !
17/01/2008
4500 agriculteurs-multiplicateurs
Si on inclut la recherche publique européenne, ce sont dix à douze sélectionneurs européens dont quatre à cinq établissements français, qui travaillent dans le secteur des semences fourragères.
4500 agriculteurs-multiplicateurs cultivent en France environ 25 à



